Superbe compotier ancien, ou présentoir sur piédouche, de très belle taille en faïence de la Manufacture de Sarreguemines, modèle Papillon, datant de la fin du XiXème siècle (années 1845 à 1875).
Le compotier Sarreguemines, modèle Papillon, est une pièce emblématique de la faïence ou terre de fer de la Manufacture de Sarreguemines, particulièrement rare à trouver dans un parfait état.
Ce plat de service est en faïence émaillée de couleur blanc-crème, de forme ronde, avec 2 petites poignées ajourées à décor de feuillages. La bordure de la coupe comme du pied sont réhaussés sur le pourtour extérieur d’un décor de liseré couleur grenat.
Le centre de la coupe présente un décor peint à la main polychrome représentant des motifs champêtres dans les tons vert, bleu et grenat : une gerbe de fleurs et feuillages, des épis de blé et un papillon central de couleur jaune doré.
Le pied de la coupe est chantourné et reprend également un décor peint à la main polychrome représentant des motifs champêtres dans les tons vert, bleu et framboise, différent de celui sur le centre de la coupe mais parfaitement assorti.
Le dessous de la coupe cache la jolie surprise de présenter 1 papillon et 1 libellule dans les tons de bleu, comme s’ils s’étaient cachés sous la coupe pour se reposer !
Son décor, couplé à sa large dimension, rende ce plat majestueux et il apportera pour sûr une touche authentique et bucolique dans votre cuisine ou sur une belle table. Vide comme plein, il apporte à votre intérieur une forte dimension décorative singulière et unique.
Signé U&Cie Sarreguemines, avec l’estampille qui permet de dater le plat vers 1875. Le nom du décor Papillon est également aposé sous la base du pied dans un cartouche reprenant une partie du décor
U&Cie fait référence au nom du fondateur Paul Utzschneider (voir la rubrique « Histoire de cette Merveille »)
Très bon état d’origine
(à noter quelques taches signes du temps peu visibles et aucun éclat ni ébréchure ou fêle)
On appelle compotier un plat creux ayant la forme d’une grande coupe à pied (ou parfois sans pied) conçue pour servir des compotes. On peut également y servir des fruits entiers alors qu’ils mûrissent. C’est d’ailleurs dans cette fonction que ce plat est souvent représenté dans la peinture, où il est un élément récurrent des natures mortes, en particulier chez Paul Cézanne puis les cubistes.
La faïencerie de Sarreguemines a été fondée en 1790 dans la ville du même nom, dans le département de la Moselle en Lorraine.
Initialement une petite industrie familiale, c’est au 19ème siècle qu’elle est propulsée au premier rang de l’industrie faïencière par Paul Utzschneider (d’où le nom U & Cie) puis plus tard son gendre Alexandre de Geiger.
La Manufacture introduit des innovations techniques et esthétiques, notamment le décor par impression, et propose ainsi une vaste collection de faïences allant du vase au service à thé ou café, en passant par les fresques murales, exportées dans le monde entier.
En 1838, Alexandre de Geiger se rapproche de Villeroy & Boch et cet accord contribue à la croissance de l’activité.
En 1871, à la suite de l’annexion de la Moselle à l’Allemagne, Alexandre de Geiger quitte Sarreguemines et se retire à Paris. C’est son fils Paul de Geiger qui assure alors la direction et deux nouvelles usines sont alors construites à Digoin et à Vitry-le-François. Sa fille Elisa (1846-1926) épouse Hippolyte Boulanger (1836-1892) des faïenceries de Choisy-le-Roi.
Paul de Geiger meurt en 1913, année où Utzschneider & Cie (U&Cie) est scindée en deux sociétés, l’une gérant l’établissement de Sarreguemines, l’autre les usines françaises.
En 1919, après la Première Guerre mondiale, l’unité se reconstitue sous le nom de Sarreguemines-Digoin-Vitry-le-François et est administrée par la famille Cazal.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la faïencerie est mise sous séquestre et sa gestion confiée de 1942 à 1945 à Villeroy & Boch.
En 1978, à la suite d'une OPA, la manufacture est rachetée par le groupe Lunéville-Badonviller-Saint-Clément et c’est le tournant décisif de l’histoire de la faïence à Sarreguemines. La nouvelle direction abandonne la conception de vaisselle dès 1979 et oriente le site de production vers la fabrication de carrelage, murs et sols. En 1982, la faïencerie prend le nom de Sarreguemines Bâtiment.
Ainsi, après une grande période d'expansion, la faïencerie de Sarreguemines réduit son activité et finit par disparaitre en 2007, laissant derrière elle un héritage de pièces céramiques appréciées pour leur qualité et leur design.
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